Sur l’une des merveilles les plus visitées du monde, la technologie s’invite là où l’effort physique dominait jusque-là. Sur la Grande Muraille de Chine, des drones livrent aujourd’hui repas et boissons à des touristes parfois exténués par l’ascension. L’expérimentation a lieu sur la section de Badaling, près de Pékin, symbole d’un tourisme de masse confronté à des contraintes logistiques inédites.
Cette initiative, qui peut sembler anecdotique, dit beaucoup de la manière dont la Chine teste à grande échelle les usages civils des drones, y compris sur des sites patrimoniaux ultra-sensibles.
À retenir :
- Des drones livrent repas et boissons sur la section de Badaling de la Grande Muraille
- Le service est opéré par Meituan, via son application mobile
- Le temps de trajet passe de 50 minutes à environ 5 minutes
- Les drones servent aussi à évacuer les déchets hors du site
- L’initiative s’inscrit dans la stratégie chinoise de l’économie de basse altitude
Une première à Pékin portée par un géant de la livraison
Le service est opéré par Meituan, leader chinois de la livraison à la demande. Selon plusieurs médias, il s’agit de la première ligne de livraison par drone ouverte par le groupe dans la capitale chinoise.
Concrètement, le touriste commande depuis l’application Meituan. Un employé charge ensuite le colis sur le toit d’un hôtel voisin, avant que le drone n’emprunte un trajet préprogrammé jusqu’à une tour de guet. Sur place, un agent remet la commande en main propre.
Selon Journal du Geek, ce dispositif vise à répondre à un problème très concret : l’éloignement de certaines portions de Badaling, où la marche peut devenir éprouvante.
Selon CNN, l’expérience s’inscrit aussi dans un cadre réglementaire strict, afin d’éviter tout risque pour les visiteurs et le site historique.
Selon TF1 Info, cette ligne de drones sert de vitrine à une ambition plus large autour des services aériens de proximité.
Cinq minutes de vol au lieu de cinquante à pied
Le gain de temps est spectaculaire. Là où il faut environ 50 minutes de marche, le drone met à peine cinq minutes pour effectuer le trajet. Chaque appareil transporte jusqu’à 2,3 kg de marchandises sur une distance d’environ 3 kilomètres.
Les livraisons concernent principalement :
- nourriture, boissons, articles de secours ou petites fournitures médicales.
Le service fonctionne généralement entre 10 h et 16 h, en journée, période de plus forte affluence touristique. Le prix reste volontairement bas, autour de 4 yuans, soit un tarif comparable à une livraison classique en ville.
Une logistique pensée pour limiter l’impact environnemental
Au-delà du confort pour les visiteurs, l’initiative répond aussi à des enjeux écologiques. En dehors des horaires de service aux touristes, les drones sont utilisés pour redescendre les déchets vers des points de collecte, évitant des allers-retours motorisés ou humains supplémentaires sur le site.
Cette double utilisation illustre une logique pragmatique : exploiter la technologie non seulement pour vendre, mais aussi pour réduire la pollution et la pénibilité du travail sur un site classé.
Le symbole d’une « économie de basse altitude »
Cette expérimentation s’inscrit dans une stratégie nationale baptisée « économie de basse altitude », qui encourage le développement de drones pour la logistique urbaine, les zones montagneuses ou difficiles d’accès. La Grande Muraille devient ainsi un laboratoire à ciel ouvert, observé de près par les autorités comme par les industriels.
Si la question de la préservation du patrimoine reste centrale, cette initiative montre comment la Chine tente de concilier innovation technologique, tourisme de masse et contraintes environnementales, quitte à bousculer l’image traditionnelle des sites historiques.