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Hologarde : L’aéroport de Roissy se défend contre les drones

Les drones représentent un problème sérieux pour les aéroports. La loi française impose une interdiction de survol des aérodromes, avec une distance minimale pouvant atteindre dix kilomètres. Malgré tout, il arrive que des drones s’approchent trop près. Que ce soit une simple méconnaissance de la loi, un curieux pensant qu’un petit appareil passera inaperçu, ou un acte malveillant, les drones perturbent le trafic. Avec la démocratisation de ce genre d’appareil, les incidents se multiplient. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) compte 1 400 incidents impliquant des drones en 2016, contre seulement 606 sur toute la période entre 2011 et 2015.

Un incident majeur en Angleterre

Le 2 juillet 2017, un drone a été aperçu à l’aéroport de Gatwick au Royaume-Uni. Toutes les opérations ont dû être suspendues jusqu’au départ du drone. Les avions en arrivée doivent ont dû adopter des schémas d’attente en volant en cercle dans des zones réservées, ou rejoindre d’autres aéroports. Ceux en attente de décollage sont restés cloués au sol. Malgré une fermeture au trafic pendant seulement 14 minutes, la pagaille engendrée a eu un effet domino. Les retards se sont accumulés sur tous les vols pendant des heures après la fin de l’incident. NATS, le principal prestataire de services de navigation aérienne au Royaume-Uni, a publié une vidéo illustrant l’ampleur des perturbations.

Un nouveau système de détection

Les solutions manquent actuellement pour se protéger contre ce genre de problème. La Direction des Services de la Navigation Aérienne (DSNA) et les aéroports de Paris (Groupe ADP) se sont donc associés pour développer un système de détection des drones. Baptisé Hologarde, le système combine trois technologies : le radar, les fréquences radio et la vidéo HD. Le radar holographique fonctionne en trois dimensions. Il est capable de détecter de petits drones (0,01m²) à des distances allant jusqu’à cinq kilomètres. Un traitement logiciel permet de les différencier des autres objets grâce à une analyse des trajectoires. Les fréquences radio sont analysées pour détecter les données échangées entre l’appareil et son pilote, afin de confirmer qu’il ne s’agit pas d’un oiseau. Enfin, la caméra HD infrarouge permet une confirmation visuelle de l’objet détecté.

Le système Hologarde est actuellement à l’essai à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, et a été présentée au salon international du contrôle aérien à Madrid le 7 mars 2018.

 

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