Dans la Vienne, près de Poitiers, un projet de recherche intrigue déjà les milieux militaires. Il ne s’agit pas encore d’un drone opérationnel, mais d’un robot-serpent aquatique capable de nager en silence.
Son atout principal : une inspiration directe du vivant, pensée pour révolutionner la discrétion et l’efficacité énergétique des futurs drones.
À retenir :
- Un robot-serpent aquatique développé près de Poitiers
- Une technologie biomimétique encore au stade de la recherche
- Un fort intérêt militaire, mais aucun drone opérationnel à ce stade
Un robot serpent développé au cœur de la Vienne
Le dispositif est conçu à la Technopole du Futuroscope, au sein d’une équipe de recherche spécialisée en robotique bio-inspirée. Le prototype prend la forme d’un serpent monobloc, sans articulations rigides. Cette conception lui permet d’onduler dans l’eau avec une fluidité remarquable.
Contrairement à un drone classique, ce robot embarque directement ses moteurs, sa batterie et son électronique. Il évolue en totale autonomie, sans hélices ni turbines bruyantes. Le silence est ici une caractéristique structurelle, pas un simple ajout technologique.
Une biomimétique fidèle aux vrais serpents
Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont observé et filmé des serpents réels, comme les couleuvres et les vipères. Des marqueurs ont été placés sur leurs corps afin d’analyser précisément leurs mouvements dans l’eau.
Selon les chercheurs, cette nage ondulatoire offre une excellente efficacité énergétique, bien supérieure à celle des propulsions mécaniques classiques. J’ai déjà couvert des projets de robots sous-marins : rarement la copie du vivant n’a été poussée à ce niveau de précision.
Pourquoi l’armée regarde déjà ce projet de près ?
Le robot s’inscrit dans un programme de recherche plus large visant à concevoir, à terme, de véritables drones serpents bio-inspirés. Ces futurs engins pourraient intéresser la défense pour des missions très spécifiques.
Les usages envisagés sont clairs : reconnaissance discrète, exploration de zones aquatiques sensibles, inspection d’infrastructures portuaires ou de conduites. L’absence d’hélices réduit fortement les signatures acoustiques, un critère clé pour les opérations de renseignement.
Lors d’un précédent reportage sur les micro-drones militaires, j’avais déjà constaté que la discrétion prime désormais sur la puissance brute. Ce robot-serpent s’inscrit pleinement dans cette logique.
Un prototype prometteur, pas encore un drone militaire
Il faut toutefois rester prudent. Le dispositif actuel reste un prototype académique, présenté comme le premier robot-serpent monobloc autonome de ce type. Il ne s’agit ni d’une arme, ni d’un drone déployé par l’armée.
Les perspectives militaires relèvent encore de la projection. Mais l’intérêt est réel. Comme souvent, la recherche civile ouvre la voie, avant une éventuelle adaptation industrielle ou stratégique.
Dans ce domaine, l’histoire montre que les armées observent longtemps avant d’agir. Ce robot-serpent pourrait bien être une première mue technologique.