La sécurité monte d’un cran sur les marchés de Noël en Alsace. À Mulhouse et Colmar, les autorités ont décidé de recourir à des drones de surveillance pour encadrer les fortes affluences attendues en cette période festive. Une mesure assumée, présentée comme préventive, qui relance le débat sur l’équilibre entre sécurité et libertés publiques.
Dès les premiers week-ends de décembre, les marchés de Noël attirent des dizaines de milliers de visiteurs. Dans ce contexte, les forces de l’ordre cherchent à anticiper les risques, qu’ils soient liés à des mouvements de foule, à des actes malveillants ou à des incidents isolés. Les drones deviennent alors un outil supplémentaire dans l’arsenal de sécurité.
Une surveillance pensée pour les grands rassemblements
À Mulhouse comme à Colmar, l’utilisation des drones s’inscrit dans un cadre réglementaire précis. Les appareils survolent uniquement des zones définies autour des marchés, à des horaires limités, et sous le contrôle direct de la préfecture. L’objectif affiché est clair : avoir une vision globale et en temps réel de la situation.
Selon les autorités, ces images permettent de repérer rapidement :
- des attroupements inhabituels,
- des mouvements de foule,
- des situations nécessitant une intervention rapide des secours ou de la police.
Cette surveillance aérienne complète les dispositifs déjà en place, comme les patrouilles au sol, les barrières de sécurité et la vidéoprotection fixe.
Sécurité renforcée, inquiétudes persistantes
Si la mesure se veut rassurante, elle ne fait pas l’unanimité. Des associations de défense des libertés s’interrogent sur la banalisation de ces outils technologiques dans l’espace public. La question du respect de la vie privée revient régulièrement, même si les autorités rappellent que les drones ne sont pas utilisés pour l’identification individuelle, mais pour une observation globale.
Selon la préfecture, les enregistrements sont strictement encadrés et conservés pour une durée limitée, conformément à la loi. Un argument qui peine parfois à convaincre une partie du public, plus sensible à l’idée d’un espace festif placé sous haute surveillance.
Une tendance appelée à se généraliser
L’Alsace n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs années, les drones sont de plus en plus mobilisés lors de grands événements : fêtes de fin d’année, compétitions sportives, manifestations culturelles. Leur déploiement à Mulhouse et Colmar illustre une évolution plus large des stratégies de maintien de l’ordre.
Pour les pouvoirs publics, le message est simple : prévenir plutôt que subir. Pour les visiteurs, l’enjeu est de continuer à profiter de l’ambiance de Noël sans avoir le sentiment d’évoluer dans un espace sous contrôle permanent.
La question reste ouverte : ces dispositifs high-tech renforceront-ils durablement le sentiment de sécurité ou alimenteront-ils une méfiance croissante envers la surveillance dans l’espace public ?